#Off2Africa Jour 4 Essaouira Maroc

Mardi 29 novembre 2016
Aujourd’hui, profitant du soleil et de la chaleur, je sors des remparts et pousse plus loin l’exploration de la plage. Je marche sans relâche jusqu’à atteindre Diabat, un village berbère que Jimi Hendrix projetait d’acheter au début des années 1970.

Comme je le comprends ! En longeant la côte, on voit au loin une grande étendue de sable. Ce sont des dunes ! Pour les atteindre, il faut traverser ou contourner des petites rivières ou des lits formés par l’océan quand l’eau se retire à marée basse. Les contours changent et il faut bifurquer souvent. Mais le sol est jonché de détritus (un fléau en Afrique) et cela n’invite vraiment pas à s’y poser ! Cela fait longtemps qu’il n’y a plus aucun touriste, plus d’amateurs de planche à voile, plus personne à l’horizon et c’est exactement ce que je recherche.

Ce qui est amusant avec les dunes, c’est qu’on peut ponctuellement voir des silhouettes apparaître et disparaître. Tiens, voilà quelqu’un… et plus personne ! Et puis à nouveau, un peu plus proche, ou un peu plus éloigné. J’observe le panorama qui s’offre à 360° et les belles îles Purpuraires, quand, tout d’un coup, je remarque un homme debout, près de moi. Il ne dit rien, il jouit aussi du point de vue. J’apprécie son silence, sa discrétion. On reste tous deux un long moment sans s’adresser la parole, comme si on ne s’était pas encore aperçus. Et puis, en parfaite synchronisation, on se regarde et il vient s’assoir. Il nous faut encore du temps pour prononcer nos premiers mots, échanger nos prénoms, d’où l’on vient, ce que l’on fait dans la vie. Idir est un artisan berbère, il réalisait toutes sortes de travaux pour les riches étrangers, propriétaires de riads à Essaouira, mais depuis quelques mois il n’y a plus de travail. Il connait la route du Grand Sud, me raconte des anecdotes, me demande jusqu’où je compte aller. Notre dialogue est entrecoupé de longues pauses silencieuses durant lesquelles, tous deux, nous reprenons notre contemplation du paysage. Et puis, aussi soudainement qu’il est apparu, Idir s’en va. Son petit baluchon sur le dos me fait penser que, peut-être, il s’est mis en route pour de bon, vers son village dans le sud du pays.

Je joue de nouveau à l’observer dans les dunes, jusqu’à ne plus pouvoir discerner sa silhouette. Il me reste le goût de cette rencontre insolite, ce sentiment de partager une même planète avec des inconnus, une chaleur humaine bienfaisante. Il me reste aussi des kilomètres à parcourir avant de retrouver la médina. Je m’offre un café nous nous (moitié café, moitié lait) chez Dolcefredo, sur la place Moulay Hassan, pour profiter encore du soleil. Je viens de décider de rester jusqu’à vendredi…


Durant #Off2Africa, j’avais pris pour habitude de ne choisir qu’une photo par jour, une seule,
et de la partager, sans légende, via mon compte Instagram.
Celle du jour figure en haut de ce récit ; en voici d’autres…

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