#Off2Africa Jour 11 Dakhla Sahara occidental

Mardi 6 décembre 2016
Débarqué du bus avant l’aube, encore endormi, un vent à décorner les bœufs, l’arrivée à Dakhla est un peu brusque à mon goût…

Quelques voyageurs hébétés attendent peut-être un hypothétique taxi mais le froid de gueux me pousse à partir à pied. Marcher me réchauffera et la chambre que j’ai réservée ne semble pas être trop loin de la gare routière…

Deux kilomètres plus tard, je n’ai toujours pas localisé mon hôtel. Je suis sur la corniche du Boulevard Mohammed V, face à la Baie de Dakhla, tout est fermé et il fait encore sombre. Il y a bien des bancs en pierre, mais rien pour s’abriter du vent. Je suis frigorifié et tellement fatigué que je m’assoupis, comme un sans-abri dans la rue.

Mais la luminosité change graduellement et je vis alors un des grands moments de ce voyage : le lever du soleil, tout seul, rien que pour moi. C’est une victoire sur la nuit, sur l’angoisse du matin, comme tous les levers de soleil en Inde, sur mon tapis de yoga. Le soleil amène lumière et chaleur, tout doucement, tout tendrement. Alors, gorgé de cette force nouvelle, je repars avec mon sac en bandoulière à la recherche de mon hôtel. Je demande mon chemin aux quelques gens que je croise mais personne ne sait où il se trouve. On me dit que c’est plus loin en arrière, puis c’est proche de tel magasin, c’est dans l’autre sens… Je fais deux ou trois fois l’aller-retour et le soleil est devenu fort. Il fait chaud, je n’ai toujours rien mangé, je commence vraiment à fatiguer. De guerre lasse, je remarque une belle terrasse arborée : le Samarkand. Ils font du café, il y a des toilettes (sans papier, mais j’en ai toujours avec moi), du wifi gratuit, une prise pour charger mon téléphone et même une pâtisserie ! Ça pourrait être pire…

Si je ne trouvais pas l’hôtel que j’avais réservé, c’est parce que, d’une part, les cartes le plaçaient à l’autre bout de la ville et que d’autre part, il est encore en travaux ! J’ai déjà payé pour deux nuits donc on va faire contre mauvaise fortune bon coeur. Et puis je ne suis pas là pour rester dans ma chambre ! Il y a un bus pour la frontière avec la Mauritanie le matin vers 8:00 donc le 8 au plus tard je quitte les lieux. Je profite de laver ma tenue de voyage (je n’ai pris que deux pantalons, deux t-shirts, deux caleçons…) et d’étendre mon linge sur la terrasse du toit. La vue est époustouflante.

Ceci dit, cette ville « je ne la sens pas ». Je veux juste me reposer avant de tenter le passage vers la Mauritanie puis le Sénégal. A Dakar, je pourrai me poser. La suite du voyage risque d’être stressante donc autant prendre des forces. Je vais explorer tranquillement aujourd’hui et aller voir la fameuse lagune demain. Entretemps, je tombe sur des blogs avec plein de renseignements sur le passage en Mauritanie. Ça va être l’aventure, surtout seul, mais j’apprends que des taxis collectifs font la route Dakhla-Nouadhibou et le visa peut être délivré directement au poste frontière. J’irai me renseigner demain matin. Je commence à rêver à la Mauritanie. Là encore ce n’était pas prévu et cela se révèlera inoubliable ! J’envisage donc la route Dakhla – Nouadhibou – Nouakchott – Saint-Louis (Sénégal) et enfin, Dakar. Un voyageur polonais a parcouru le chemin de Banjul (Gambie) jusqu’à Rabat (Maroc) et retour, le tout en transport public. S’il a pu, alors moi aussi ! Il donne ici toutes les infos. Donbigosso, tes indications me seront précieuses et je t’en remercie ! Si nos pas se croisent un jour, la première bière est pour moi !

Puisque j’ai assisté au lever du soleil, je décide de lui dire au revoir au couchant. Le restaurant Villa Dakhla sera le lieu idéal pour clore la journée. Je m’installe sur leur petite terrasse avec une Casablanca, de la tapenade maison, un carpaccio de courbine (un poisson du coin) suivi d’un tajine de poissons. Tout cela ressemble bien à une surdose de produits de la mer. Je ne suis plus trop habitué à ce régime alimentaire, mais un chaton affamé (et aux miaulements insistants) se sera en revanche bien régalé !

La nuit tombe sur la baie. Je suis seul, et si bien, au bout du monde.


Durant #Off2Africa, j’avais pris pour habitude de ne choisir qu’une photo par jour, une seule,
et de la partager, sans légende, via mon compte Instagram.
Celle du jour figure en haut de ce récit ; en voici d’autres…

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