#Off2Africa Jour 16 Nouadhibou Mauritanie

Dimanche 11 décembre 2016
Nous roulons en 4×4 jusqu’au point le plus à l’ouest du continent africain : le Râs Nouâdhibou, une péninsule d’environ 56 kilomètres de long appellée aussi cabo Blanco, cap Blanc, ou encore رأس نواذيبو.

Le Dakhlet Nouâdhibou, connu autrefois aussi sous le nom de baie du Lévrier, abrite Lagouira, une ville sahraouie abandonnée et Cansado, une ancienne cité minière construite vers 1960. Cette dernière, aux allées proprement maintenues, donnait une impression étrange et artificielle lors de ma visite. J’apprends aujourd’hui que l’extension annoncée du port de Nouadhibou va affecter des zones du quartier Cansado relevant de la société SNIM. Il sera donc procédé a l’évacuation des travailleurs de la société minière et Cansado deviendra entièrement une zone industrielle.

Les ouvriers ne sont pas les seuls menacés dans la région : le phoque moine ou Monachus monachus (qu’on rencontre en Méditerranée, mais aussi sur les côtes de Madère, du Sahara occidental et de Mauritanie) est l’espèce pinnipède la plus en danger. Moi je n’en ai pas vu et pourtant, il parait qu’il en vit environ 200 en colonie dans deux grottes le long du rivage. C’est un environnement difficile et dangereux pour les jeunes phoques dont plus de la moitié meurt deux mois après la naissance. Les tempêtes sont fréquentes et le ressac de l’océan s’engouffre avec fracas dans les grottes. Je l’ai constaté depuis la falaise, en essayant de descendre pour récolter des coquillages très prisés dans la cuisine espagnole. 

C’est une journée au petit goût de Lawrence d’Arabie. Un dimanche passé avec Taleb dans un paysage lunaire, et personne aux alentours. Nous avons les dunes, le sable, le soleil, et le vent. Mon billet est acheté, demain je serai en route vers Nouakchott. Mais demain est un autre jour.

« Mais il n’est plus de dissidence. Cap Juby, Cisneros, Puerto-Cansado, la Saguet-El-Hamra, Dora, Smarra, il n’est plus de mystère. Les horizons vers lesquels nous avons couru se sont éteints l’un après l’autre, comme ces insectes qui perdent leurs couleurs une fois pris au piège des mains tièdes. Mais celui qui les poursuivait n’était pas le jouet d’une illusion. Nous ne nous trompions pas, quand nous courions ces découvertes. (…) Nous nous sommes nourris de la magie des sables, d’autres peut-être y creuseront leurs puits de pétrole, et s’enrichiront de leurs marchandises. Mais ils seront venus trop tard. Car les palmeraies interdites, ou la poudre vierge des coquillages, nous ont livré leur part la plus précieuse : elles n’offraient qu’une heure de ferveur, et c’est nous qui l’avons vécue. »

Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes


Durant #Off2Africa, j’avais pris pour habitude de ne choisir qu’une photo par jour, une seule,
et de la partager, sans légende, via mon compte Instagram.
Celle du jour figure en haut de ce récit ; en voici d’autres…

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