#Off2Africa Jour 25 Dakar Sénégal

Mardi 20 décembre 2016
Arriver de nuit dans une ville inconnue commence à me plaire ; cela me donne le désir de la découverte du lendemain.

Je n’ai rien vu du paysage entre la gare routière et l’auberge ; les routes étaient encombrées, les portes et fenêtres fermées pour ne pas tenter les voleurs tapis dans les bas-côtés obscurs. J’ai préféré me concentrer sur le dialogue avec le chauffeur, l’écouter me raconter son Dakar. On apprend toujours beaucoup en taxi ou en ndiaga ndiaye, les minibus de transport en commun dans la ville.

Dakar, j’en rêvais depuis longtemps ; j’y ai posé mon sac pensant y rester un mois. Mais quel quartier choisir quand on voyage en terre inconnue ? Les grands centre-villes ne m’intéressent pas en Afrique ; je peux toujours m’y rendre ponctuellement. Je leur préfère les petits quartiers populaires, surtout s’ils sont en bord de mer. On y trouve des pêcheurs, des femmes qui lavent le linge et cuisinent, des enfants qui jouent avec trois fois rien, des chèvres, des poules, des chiens, des chats… Les lieux simples offrent la vie de tous les jours. Il faut s’y faire accepter, contrairement aux quartiers des grands hôtels, calfeutrés derrière leurs grilles. Au Plateau, les touristes aisés sont des proies convoitées qu’attendent les guides et chauffeurs désœuvrés. Dans un quartier populaire, les habitants vous évaluent tout d’abord. S’ils vous acceptent, vous faites alors partie de leur vie, même temporairement. Ils n’ont rien à vous vendre, ils ne sont pas venus à vous avec leur marchandise. C’est le contraire qui s’est produit : c’est vous qui êtes venus à leur rencontre et cela change tout des rapports humains.

Mon point d’attache sera Yoff, à l’extrémité ouest de la presqu’île du Cap-Vert. C’est la plus étendue des communes, mais le village “traditionnel” subsiste encore du côté du port. Il aurait été créé en 1432 par les Soumbédioune, l’un des deux groupes de Lébou qui ont peuplé la région. Je profite de vous recommander la lecture de Yoff, le territoire assiégé. Un village lébou dans la banlieue de Dakar. Dossiers régions côtières et petites îles 7, UNESCO, Paris, 90 pp., 2000. L’auteur, Richard Dumez, en collaboration avec Moustapha Kâ, nous détaille l’histoire du peuple lébou, dont le passé est fait de migrations qui l’ont amené jusqu’à la presqu’île du Cap-Vert. A maintes reprises, soit les Lébou furent chassés, soit ils durent partir pour ne pas être dominés. On les dit réfractaires à toute “colonisation” culturelle, contre toute domination politique. Ils constituent un peuple ayant une forte valeur identitaire. On comptera désormais un résident supplémentaire à Yoff Tonghor Plage, Dakar 82880, Sénégal.

Repérer des signes sur les murs des ruelles ensablées, mémoriser visages et noms des habitants rencontrés ; ce sont les premiers pas du processus d’apprivoisement. Prendre le temps est mon privilège ! Nul besoin de courir, de vouloir goûter à tout le premier jour; je resterai à Dakar autant que je le souhaite.


Durant #Off2Africa, j’avais pris pour habitude de ne choisir qu’une photo par jour, une seule,
et de la partager, sans légende, via mon compte Instagram.
Celle du jour figure en haut de ce récit ; en voici d’autres…

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