#Off2Africa Jour 35 Dakar Sénégal

#Off2Africa Jour 35 Dakar Sénégal

Vendredi 30 décembre 2016
Des visages inoubliables, à bord des cars rapides le long des routes de la capitale, et des passerelles entre les hommes, par-delà les continents…

Le trafic est dense à Dakar et la pollution qui en découle, intense. Les cinq années passées en Inde m’ont aguerri mais se rendre d’un point de la ville à un autre demande tout de même de la ténacité. Quand un embouteillage se forme, les marchands à la sauvette apparaissent et longent les files de voiture pour tenter de monnayer des sachets d’eau fraîche (comme en Inde), des mandarines, parfois aussi des bonnets de Père Noël invendus, en plein soleil. Les bas-côtés des routes sont souvent utilisés par des jardiniers qui exposent leurs plantes. C’était le cas aussi en Inde : j’avais acheté les plantes de ma terrasse à l’entrée de Chennai, un soir, en revenant par l’East Coast Road.

Le manège des taxis et des minibus aux ronds-points de la capitale sénégalaise est fascinant. De prime abord, il est difficile de comprendre les règles du jeu. Comment identifier le bon véhicule, le prix officiel du trajet, et respecter les coutumes locales à bord ? Préférer le taxi ne demande guère que de savoir marchander. Mais tenter le ndiaga ndiaye ou car rapide à Dakar est une aventure en soi !

Ne lésinons pas sur la préparation :

Le car rapide est un pur produit de l’expertise locale. Bricolé, rafistolé, ressoudé, décoré, le véhicule s’empreigne et prend les couleurs de sa nouvelle mission. Transport en commun public de voyageurs arbore-t-il fièrement.

D’une longueur de 4,35 m, largeur 1,82 m et 2,12 m de hauteur, la version sénégalaise s’offre des ouvertures des deux côtés et propose une vingtaine de places assises, dont trois à côté du conducteur, dix dans la cabine intermédiaire appelée parfois « le salon » et dix autres des deux côtés de la longueur du véhicule en arrière. L’apprenti, debout sur le marchepied incarne le panneau de direction et déroule l’itinéraire souvent avec une multitude de petites étapes pour faire payer le client plusieurs fois. « Passe » dit-il d’une voix nasillarde en claquant des doigts, exhibant sa trousse garnie de pièces.

Mais quel que soit votre degré de préparation, vous ne pourrez échapper à cette montée d’adrénaline quand vous vous déciderez enfin à tenter le tout pour le tout : grimper à bord ! Tout le monde vous toisera avant de vous accepter aussi. Bien calé entre un jeune en maillot de foot allemand et une vénérable Maman au boubou opulent, il n’y a pas mieux pour aller à la rencontre des gens.

Les visages sont inoubliables, quelques photos volées en route en témoigneront. Cette femme, dont le port de tête altier évoque une reine d’Afrique au carrosse cabossé. Ces hommes las, plongés dans la torpeur si caractéristique que décrit Ryszard Kapuściński, que voient-ils au loin ?

Ce vendredi, je remarque plus que d’habitude les mosquées de la ville. La grande, et son minaret de 67 mètres, est visible de partout. Le trajet qu’emprunte mon car rapide aujourd’hui me donnera l’occasion d’en découvrir d’autres et de réaliser quelques photos à partager avec mon élève Haroon en Inde. Quand les traditions subsistent, et lient les hommes au-delà des religions et des continents…


Durant #Off2Africa, j’avais pris pour habitude de ne choisir qu’une photo par jour, une seule,
et de la partager, sans légende, via mon compte Instagram.
Celle du jour figure en haut de ce récit ; en voici d’autres…

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