#Off2Africa Jour 42 Dakar Sénégal

#Off2Africa Jour 42 Dakar Sénégal

Vendredi 6 janvier 2017
Des femmes du village qui s’unissent pour changer leur vie et celle de leurs enfants, du thiouraye qui brûle pour gérer les maris, et quelques poules…

C’est vendredi, le jour de la photo sur le thème de l’Islam pour mon élève Haroon. C’est aussi la rencontre avec une maman au boubou rose et l’occasion d’en apprendre un peu sur sa vie, son association et son travail pour donner un avenir aux jeunes du village.

J’ai parcouru ma route de prédilection, celle qui longe la corniche, en direction de la plage de N’Gor. J’en connais tous les recoins, tous les points de vue imprenables sur l’océan. Cela représente une bonne heure de marche depuis Yoff, en passant par Tonghor, Ndenate, Warar, Virage, pour arriver à l’embarcadère de l’île de N’Gor. La plage est plus citadine que celle de mon village de pêcheurs. J’y vais quand je suis prêt à tolérer un peu de civilisation… Mon point de chute est le Black & White, je m’y installe toujours les pieds dans le sable, la serveuse est devenue une copine et je bavarde avec les rastas surfers du coin. C’est un peu envahi de touristes bedonnants et de belles Africaines qui papillonnent autour, mais les habitués me connaissent et me laissent tranquille. Des poules (des vraies…) se baladent entre les tables, sous le regard d’un pauvre singe attaché à un arbre. Quand le soleil décline, les lutteurs traditionnels viennent s’y entraîner. J’y observe les tractations des types du coin avec les touristes qui cherchent un passage entre l’île et le continent.

Les tentatives de marchandage surviennent aussi lors des multiples passages des bana-bana, des marabouts, des rastas qui, chacun leur tour, ne manquent pas d’essayer d’attirer mon attention. Mais une belle femme au boubou rose approche… Elle marche difficilement, sa jambe présente une mauvaise plaie qu’elle protège par un film cellophane. Arrivée à ma hauteur, elle s’assied dans le sable. Celle-là me plait bien, je décide de m’installer à côté d’elle et nous engageons la conversation. Son association regroupe des mères du village qui luttent par tous les moyens pour organiser une vie meilleure aux jeunes et leur éviter la tentation du voyage périlleux vers l’Europe. Certaines ont perdu leur fils en mer, alors elles ont pris les choses en main. Je n’ai besoin de rien mais je veux lui faire un don. Elle ne veut pas d’un geste gratuit à sens unique. Elle et ses amies ont confectionné des colliers, elle ne me laissera pas me relever sans que j’accepte d’en emporter un. Elle me choisit un collier Môrô-môrô parfumé au thiouraye, l’encens traditionnel au Sénégal, celui que les femmes djongué font brûler pour « gérer leur mari ».

Le collier sent délicieusement bon, la maman au boubou rose rit à gorge déployée…


Durant #Off2Africa, j’avais pris pour habitude de ne choisir qu’une photo par jour, une seule,
et de la partager, sans légende, via mon compte Instagram.
Celle du jour figure en haut de ce récit ; en voici d’autres…

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