#Off2Africa Jour 44 Dakar – Ziguinchor Sénégal

#Off2Africa Jour 44 Dakar - Ziguinchor SénégalDimanche 8 janvier 2017
Des étoiles plein le ciel, au large de la Gambie, des sons et des paroles qui dansent avec mes ombres…

Le ciel de Dakar est couvert ce matin, mais la nuit sera étoilée sur l’océan… Il me reste quelques heures, j’en consacre une partie à une visite chez mon barbier (toujours très perplexe quand il s’agit de tailler mes moustaches, façon Rajasthani; une pensée pour mes amis Murali et Sajid qui s’en occupaient à Chennai). Une dernière visite aux filles de mon boui-boui favori, Chez Sonia (comme on dit en italien : Se non è vero, è ben trovato). Tout en préparant mon thiep, elles se lancent dans une ultime tentative de séduction : elles me demandent sans hésiter (le temps presse) si je suis célibataire, et, le cas échéant, si je ne serais pas intéressé par l’une d’entre elles. Les palabres s’entrecoupent de grands éclats de rire partagés, à la façon africaine (lire le croustillant blog des voyageurs vagabonds Charles & Ania, et bonne digestion !)

Quelques petits tours dans Yoff, les adieux à mon ami Khalil, et puis s’en vont…

Vite, avant de quitter la terre ferme, prendre et partager la photo du jour depuis le port de Dakar. Je profite de l’occasion pour répondre ici à la réclamation d’un lecteur qui n’est autre que mon père. Mon père, donc, se serait plaint de ne voir que des photos de mes pieds en Afrique. Alors oui mon cher père, toi le bourlingueur qui m’a précédé sur la route, toi qui m’a fait découvrir les voyages en bateau, toi qui il y a quelques mois encore me défiait avec tes photos de Cuba au volant d’une belle américaine, ce sont bien mes pieds sur la photo, ce jour. Pour une fois, la seule de toute ma série, je me suis permis de photographier mes toutes nouvelles Stan Smith (et mes chaussettes stylées petit bateau, parce que ferry oblige). Je m’étais dit qu’à la fin de mon périple, elles porteraient les traces de tous ces pays merveilleux. C’était sans compter l’intervention spontanée du gentil Monsieur Camara… À mon arrivée à Conakry, maculées de terre après le motocross et pourtant rincées par la traversée du Rio Nuñez, mes baskets furent nettoyées à grande eau puis séchées au soleil de Guinée.

Le soir est maintenant tombé sur Dakar, le port est illuminé, j’ai hâte de monter à bord et de prendre le large ! Comme Gabriel Buchmann, qui explora l’Afrique avant moi et dont l’histoire est racontée dans le beau film Gabriel e a montanha, je vais dormir à la belle étoile sur le pont supérieur. Son voyage en ferry sur un grand lac du continent a duré trois jours, les images m’ont rappelé mon propre sentiment de liberté, alors que nous passions la côte de la Gambie.

C’est véritablement à partir de cette nuit-là que j’ai commencé à me sentir léger, comme si la tristesse se détachait de moi. J’avais accompli la première partie de mon voyage, je voguais vers le Sud. Il n’y avait que des vagues, des silhouettes et des ombres dans le bleu de la nuit.

Il y avait aussi (enfin ! peut-être) de la musique pour m’accompagner. C’est étrange cette aversion pour la musique après l’histoire du visa pour l’Inde… D’habitude et d’aussi loin que je me souvienne, la musique a toujours été mon refuge, mon métier aussi, mon unique et loyale compagne, toujours présente dans les moments heureux ou tristes. Depuis l’Inde, je ne pouvais plus rien écouter, je ne voulais que du silence. Cette nuit-là, sur le pont du bateau, j’ai remis mes écouteurs et passé James Blake en boucle. En boucle, comme à mon habitude, et en aléatoire (ma nouvelle astuce pour toujours être surpris). À propos de son album The Colour in Anything, Blake dira :

« I realized that [when it comes to making music], it wasn’t important whether I was happy or sad—it’s about sensitivity and your reaction to the world. »

J’avais eu la chance d’être invité par mon ami Jan Dark à la générale du ballet Blake Works I (chorégraphie William Forsythe) à l’Opéra de Paris. C’était peu avant mon départ, et j’étais comme mort.

Sur mon bateau, je n’étais ni heureux ni triste; je recommençais à ressentir des choses, à agir à nouveau avec le monde. Pour la première fois depuis longtemps, des sons et des paroles dansaient devant mes yeux, à des kilomètres de la France et de l’Inde :

I can’t believe this, you don’t wanna see me
Just please, more time

Where is my beautiful life?
I’m not livin’ here, I’m not livin’ here anymore
I won’t know pain anymore

And I was made alone
Now we take our natural road
From the pull of the rock
From the weight of the sky

Where you lead me I will go
And if that’s the way this year
It’s the thorns I want and the bloom I always fear
Tell me where I have to go
And then love me there
But giving up is hard to do

You know you slide out when you slide in with graceful shadow
Timeless

Don’t use the word, « Forever »
We live too long to be so loved
People change and I can’t be tethered
We think we are the only ones
How wonderful you are

I hope my life is no sign of the times
It’s a lot for me to take
Maybe I’ll just press my hands on it

You wanna know me like waves know shores
I’m waiting to see who’s mind of gold
Through your broken turn I hear someone
Who hasn’t found what changes them
I suggest you love like love’s no loss

I looked into myself like a case with you
You don’t weigh me down like you think you do
I’m not looking to hold you down
Have I been unkind to you?

To burn it like cedar
I request another dream
I need a forest fire
(Another shade, another shadow…)
I’m saved by nature
But it always forgets what I need
I hope you’ll stop me before I build a wall around me

I’ll find no peace ’til I know you
’Til I wish you well
’Til I am not the enemy
I’ll find no peace ’til I hold my light
Knowing you did right
And your love is everything I need
I deserve someone better than someone like me
Noise above our heads, even in the night
Especially in the night
I’m here when you don’t sleep so well
I hear it every time you fall in love

All I thought it was worth
Was to mend things, are so breaking
And how I chased the glory
How I wanted to carry you for aching
If one day I woke and couldn’t find the colour in anything

I’m dealing with a wave crash
There are two men down

I know crossroads when I see them
I want it to be over, I want it to be over
So I swim to you while I’m sleeping

It’s a sweet world
Always
It’s so easy
And I’m not afraid
And I have no hurt
We’re nothing left and uneven

Every friend in need, every memory
It’s me who makes the peace in me
All I wanna sleep with, see
It’s me who makes the peace in me
From November through ’til now
I hadn’t felt an ounce
Weakened, lost and forsaken
I’ll meet you in the maze
Music can’t be everything

When I see my willing heart
How will I know?
How will I walk slow?
It’s a strange spell we lust for
Every now and then, every now and then

Et le regard résolument tourné vers le large, je pensais :

« Il est tellement important de laisser certaines choses disparaître. De s’en défaire, de s’en libérer. Il faut comprendre que personne ne joue avec des cartes truquées. Parfois on gagne, parfois on perd. N’attendez pas que l’on vous rende quelque chose, n’attendez pas que l’on comprenne votre amour. Vous devez clore des cycles, non par fierté, par orgueil ou par incapacité, mais simplement parce que ce qui précède n’a plus sa place dans votre vie. Faites le ménage, secouez la poussière, fermez la porte, changez de disque. Cessez d’être ce que vous étiez et devenez ce que vous êtes. » Paulo Coelho, Le Zahir


Durant #Off2Africa, j’avais pris pour habitude de ne choisir qu’une photo par jour, une seule,
et de la partager, sans légende, via mon compte Instagram.
Celle du jour figure en haut de ce récit.  En voici d’autres…

3 réflexions sur “#Off2Africa Jour 44 Dakar – Ziguinchor Sénégal

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