#Off2Africa Jour 51 Bissau – Rio Nuñez Guinée

#Off2Africa Jour 51 Bissau - Rio Nuñez Guinée

Dimanche 15 janvier 2017
Les aventuriers français n’attaquent plus pour explorer la Guinée forestière, ils enfourchent des motos, traversent des rivières en pirogue et à pied…

Réveil à l’aube pour le voyage en direction de Conakry. Je vais au garage avec le groupe rencontré à mon arrivée à Bissau mais ils ont décidé d’entrer en Guinée par la route de Gabu, Kandara et Labe. J’ai choisi le chemin le plus difficile, via Kundabani, Quebo et Boké, en moto et en pirogue, à travers forêts et rivières.

Les rues de Bissau sont totalement désertes. Mohamed (le Français du groupe, un sacré baroudeur celui-là, et un très chic type) m’emmène à la boulangerie du coin. Dire que je n’ai jamais découvert l’endroit ! Leurs croissants et leurs pains au chocolat sont à se damner, et nous nous régalons, assis sur le trottoir en discutant avec les employés. Les Allemands trépignent, il faut trouver un taxi, il faut aller au plus vite au garage pour trouver une voiture, les Français que nous sommes n’auront aucune chance de profiter du moment. Je regrette de ne pas faire la route avec Mohamed car il est fiable, calme, ouvert aux gens et aux expériences du voyage. Mais ce sera peut-être partie remise… Il a fait de magnifiques photos de son voyage, je vous invite à les découvrir et à suivre son compte Instagram.

Le trajet Bissau – Conakry est annoncé par tous comme une galère et je m’attends à tout. Rétrospectivement, c’était moins désagréable que le passage de la frontière à Rosso ; difficile physiquement mais l’effort en valait la peine ! Des étapes de voyage comme celles-là vous font gagner vos galons d’aventurier et qu’il est loin le temps où j’étais réticent à prendre le bus ou le train en Inde…

Abdoulaye Barry écrit dans son blog Conakry – Bissau : 30 heures pour 800 km (je cite tel quel) :

Parcourir les quelque 800 km qui séparent Conakry de Bissau (en passant par Boké) vous devez compter 24 heures au meilleur des cas, sinon, vous êtes parti pour deux ou trois jours de calvaire dans des véhicules où tout confort est bannie.

J’ai fait cette route en un peu plus de 12 heures, en voyageant entre l’aube et la nuit tombée, et malgré un pneu crevé à l’entrée de Conakry, mais il est vrai que c’est une aventure… Je vais vous raconter cela en trois parties : de Bissau à Boké d’abord, ensuite Boffa, puis Conakry.

En 2012, des anglophones semblaient avoir vécu difficilement leur périple entre Bissau et Conakry, via Gabu, Kundara et Labe. Ils en parlaient sur Lonely Planet et j’avais lu leur témoignage ainsi que toutes les informations disponibles. Vous pouvez toujours demander autant que vous voulez autour de vous, il vous faudra bien vous rendre compte par vous-même. J’ai eu beaucoup de chance sur le parcours, ai rencontré des gens aimables prêts à m’aider (merci à Luis, Mori, Djao) et suis arrivé à bon port en un temps record.

Au garage de Bissau, je trouve immédiatement un taxi-brousse pour Quebo. Les chauffeurs s’affairent autour du moteur, une vision peu rassurante au petit matin mais que tous les voyageurs en Afrique de l’Ouest connaissent. La route est relativement bonne, je m’endors rapidement pour prendre des forces car la suite du voyage est à moto…

Arrivé à Kundabani (juste avant Quebo, ce qui me fait gagner du temps), je rencontre les motards qui font la traversée de la forêt et le passage de la frontière avec la Guinée. C’est l’heure de manger et je suis invité à partager le plat commun. Les bécanes en ont vu de toutes les couleurs et elles sont nettement moins confortables que ma Royal Enfield Thunderbird, restée en Inde. Je suis pourtant bien enthousiasmé à l’idée de découvrir du pays en moto et de traverser les fleuves en pirogue. Un casque sur la tête, mon sac bien attaché et en route !

La route, justement, est au mieux une piste, plus souvent un sillon creusé entre les arbres par les pluies diluviennes. À la mi-janvier, la route costale peut encore être inondée et devient alors impraticable. Les petits cours d’eau se transforment en rivières et empêchent le passage des véhicules ; il faudrait se replier sur le centre du pays. Le soleil a déjà bien asséché le terrain mais il subsistera encore assez de boue pour maculer les motos et les hommes. Nous traversons de multiples points de contrôle, en pleine brousse. Là se languissent des soldats sur des hamacs ou dans des cases, toujours à l’affût pour débusquer le toubab. Mais le toubab en a vu d’autres et il se joue de toutes les inspections avec le sourire. Cela doit quand même les impressionner ou pour le moins les rendre fiers de voir que j’ai choisi la moto plutôt que l’avion.

Peu après avoir fait tamponner mon passeport, j’arrive à la rivière Kogon (dans la région de Kandiafara en Guinée) où m’attend une pirogue pour traverser. Le paysage est splendide !

#Off2Africa Jour 51 Bissau - Rio Nuñez Guinée
#Off2Africa Jour 51 Bissau – Rio Nuñez Guinée

La moto est chargée sur la pirogue et je discute brièvement avec les hommes du coin. Nous partageons des quartiers d’oranges pour nous désaltérer, avant d’affronter la suite. Le piroguier comprend rapidement que je veux pagayer moi-même, c’est obligé, sans quoi je ne serais pas vraiment un aventurier. Le fonds de la pirogue est recouvert de cette terre boueuse, aux couleurs si belles. Je m’amuse comme un gamin et j’accoste sans encombre (et sans annexer le territoire) sur l’autre rive; vous en verrez la preuve sur une des photos dans la galerie ci-dessous.

La route n’est pas terminée, les derniers kilomètres seront les moins faciles. En motocross, le corps se raidit et rend toute secousse plus brutale. Peu avant Boké, voici une autre rivière, le Rio Nuñez, en pleine Guinée maritime. C’est là qu’en 1849, des vaisseaux français et belges firent feu sur des navires anglais et provoquèrent un incident international. L’affaire du Rio Nuñez se poursuivit pendant des années et s’inscrivit dans les prémisses du révoltant partage de l’Afrique. En 1866, les Français occupent Boké et installent progressivement leur hégémonie dans l’Ouest du continent.

Le grand pont est bloqué par des camions, il faut donc traverser le fleuve pour rejoindre la ville.

De manière pacifique, et à moto, la France est de retour à Boké…


Durant #Off2Africa, j’avais pour habitude de ne choisir qu’une photo par jour, une seule,
et de la partager, sans légende, via mon compte Instagram.
Celle du jour figure en haut de ce récit ; en voici d’autres…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.