#Off2Africa Jour 66 Conakry Guinée

#Off2Africa Jour 66 Conakry Guinée © GILLESDENIZOT

Lundi 30 janvier 2017
Anecdotes gourmandes et pimentées, servies au coin de la rue…

Comment évalue-t-on son degré d’acclimatation en voyage ? En ce qui me concerne, par la capacité à identifier le bon restaurant de rue et à en devenir un client régulier, sans souffrir de problèmes digestifs.

Ne faisant jamais rien comme les autres, dans une indépendance toute personnelle (certains diront « provocation » ou « contradiction »), je supporte nettement plus la nourriture épicée d’un maquis africain que les plats en sauce d’un bouchon lyonnais. Après tout, j’ai vécu cinq ans en Inde sans jamais découvrir ni Taj Mahal, ni Delhi Belly, et ce n’était pas faute de manger dans la rue, de la main droite. Lorsque mes élèves excusaient leur absence (toujours matinale, probablement après une veille longue et peu studieuse…) d’un « my stomach is not my friend anymore, Sir » je gloussais intérieurement en pensant à la réplique-culte « Tu vois ces petits piments, ils sont un peu forts mais ils sont excellents !… » En Afrique de l’Ouest, la nourriture n’a donc jamais été trop forte pour mon palais, les filles du maquis Chez Sonia à Dakar s’en amusaient volontiers…

Monsieur Camara s’habitue à mes choix décalés : il s’offusque mollement d’un traditionnel « Èeeeeh » puis sourit largement et se laisse convaincre. Nous sommes probablement parvenus à un accord tacite dont le cérémonial tout africain me plait. J’en conclus qu’il raffole comme moi des petits plats qu’on trouve dans les maquis de la capitale et que l’on déguste sur un simple banc, en bordure de chaussée.

Ce n’est pas tant la faim qui m’y pousse mais de la pure gourmandise, péché capital s’il en est. À quelques pas de la maison, à Coleah, j’avais pris mes habitudes dans un petit boui-boui tenu par une dame dont j’appréciais la générosité à manier la louche. Ma première visite l’avait bien un peu décontenancée, mais en me surveillant du coin de l’œil elle réalisa assez vite que je méritais toute son attention (et un rab de sauce wouré burakhè magilinri, préparée avec des feuilles de patate douce).

C’est toutefois dans le quartier des ambassades que j’ai acquis mes galons de gourmand téméraire. La faim me tenait le ventre et nous disposions d’une petite heure, il n’en fallait pas plus pour me mettre sur la piste du maquis ! J’en avise un au coin de la rue suivante et en informe ce bon Monsieur C. sans vraiment lui laisser le temps de la réflexion. Je marche déjà d’un bon pas, ignorant les « Èeeeeh » de circonstance, pour me retrouver le nez penché sur les larges bidons, remplis à ras-bord des recettes du jour.

J’ai fini par passer inaperçu en partageant le banc commun d’où je hélais le vendeur d’eau ambulant, la marchande de bananes. Un petit pot de sauce pimentée maison m’était même réservé ! Le degré suprême d’acclimation en voyage étant d’être adopté par les cuisinières de maquis…


Durant #Off2Africa, j’avais pour habitude de ne choisir qu’une photo par jour, une seule,
et de la partager, sans légende, via mon compte Instagram.
Celle du jour figure en haut de ce récit ; en voici d’autres…

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