#Off2Africa Jour 70 Conakry Guinée

#Off2Africa Jour 70 Conakry Guinée © GILLESDENIZOT

Vendredi 3 février 2017
Comment je suis passé du silence d’Abramović à la communication de Baldwin…

Le questionnaire du site Scribay pose la question suivante : « Quelle est l’activité la plus relaxante et apaisante que vous connaissiez ? » J’ai répondu : « Se taire. »

Au silence, j’aurais pu ajouter la solitude que recommande Marina Abramović, déjà citée depuis Dakar, et sur lesquelles Maria Popova disserte dans son excellent Brain Pickings :

An artist has to create a space for silence to enter his work
An artist must make time for the long periods of solitude
An artist should stay for long periods of time looking at the horizon where the ocean and sky meet
An artist should stay for long periods of time looking at the stars in the night sky

Marina Abramović, Walk Through Walls: A Memoir

C’est en Inde que j’ai passé de longues nuits à regarder les étoiles dans le ciel. Cette contemplation solitaire se doublait d’une attente, d’une anticipation qui m’avaient inspiré le spectacle iktsuarpok, créé en 2015.

C’est à Conakry que j’ai passé de longues journées à regarder l’horizon, le point où l’océan et le ciel se rencontrent, assis sur un banc de pierre au bord de l’eau.

#Off2Africa Jour 70 Conakry Guinée © GILLESDENIZOT
#Off2Africa Jour 70 Conakry Guinée © GILLESDENIZOT

Pratiquer cette règle de silence et de solitude les matins, face à un tel tableau naturel, m’a apaisé et fortifié. Je veux dire que cela m’a re-structuré.

Ces moments méditatifs étaient suivis, l’après-midi, par des balades stimulantes en ville. Je m’immergeais alors dans des rencontres fortuites avec des marchandes de fruits et légumes, j’ouvrais les yeux pour absorber toutes les couleurs de la rue, je me laissais envahir par les sons et les sensations de l’appel à la prière, puis je retrouvais mon banc et l’horizon. J’y restais parfois jusqu’à ce que la lumière disparaisse.

Le soir venu, le silence faisait place à des dialogues en tête-à-tête avec l’amie qui m’accueillait.

Entre ces moments de contemplation, de stimulation, de conversation, je lisais Ébène, Aventures africaines de Ryszard Kapuściński, et je retrouvais le goût de la musique, celle de James Blake depuis ma nuit en bateau jusqu’en Casamance, mais aussi celle de Bach. Cela fait longtemps que je connais l’effet des sons du cantor de Leipzig, ils soignent et inspirent. En bref, ils re-structurent.

Je comprends mieux à présent le conseil que James Baldwin propose dans The Cross of Redemption: Uncollected Writings

Everybody’s hurt. What is important, what corrals you, what bullwhips you, what drives you, torments you, is that you must find some way of using this to connect you with everyone else alive.

Dix jours supplémentaires à ce régime, et je me lançais à nouveau sur la piste africaine…


Durant #Off2Africa, j’avais pour habitude de ne choisir qu’une photo par jour, une seule,
et de la partager, sans légende, via mon compte Instagram.
Celle du jour figure en haut de ce récit ; en voici d’autres…

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