#Off2Africa Jour 77 Conakry Guinée

#Off2Africa Jour 77 Conakry Guinée © GILLESDENIZOT

Vendredi 10 février 2017
Des masques Nimba aux œuvres d’art abstraites de Picasso…

Je disais hier que tout s’achète le long de la route en Afrique. Comme en Inde, selon ce que vous cherchez à acheter, il faudra vous rendre dans telle ou telle partie de la ville. Là, vous trouverez des dizaines d’échoppes vendant toutes la même marchandise. Par exemple, devant le Palm Camayenne sur la Corniche N, se retrouvent les artisans qui guettent le toubab.

Je n’ai besoin de rien, cela me permet de ne pas avoir à discuter les prix des djembés, chaises, alligators empaillés, colliers (quoique…) et autres masques qui débordent sur la chaussée. Cela me laisse aussi tout le loisir de rencontrer les artisans, de discuter avec eux, et de découvrir leur travail. Il y un vieux monsieur qui fabrique des djembés, l’instrument de percussion africain. C’est un long processus, de la taille du bois, du choix de la peau, des cordes, de la peinture, jusqu’aux décorations. Il en existe de toutes tailles. Je pense souvent à certains élèves en Inde qui sauraient bien comment faire sonner ces instruments. Je me découvre une affinité pour les chaises en bois que j’avais déjà vues au Sénégal, deux grands panneaux de bois qui s’assemblent pour former l’assise et le dossier. J’en achèterais bien quelques-unes, si j’avais une maison… L’intérieur des échoppes fait penser à la caverne d’Ali Baba. Il y a de la marchandise du sol au plafond, je suis comme un enfant dans un grenier.

La sculpture et les masques tiennent une place de choix dans l’artisanat guinéen, et tous les artisans vous parleront du masque Nimba, appelé aussi D’mba. Le Nimba, déesse de la fécondité et idéal féminin évoqués par les seins de la femme nourricière, est partie intégrante de la communauté. Il accompagne les mariages, les femmes désirant enfanter, mais aussi les semences et les récoltes des champs. Son poids considérable (60 kilos) implique de sélectionner des porteurs jeunes et forts pour pouvoir effectuer les pas de danse et les pirouettes traditionnelles.

C’est encore une belle tradition du pays Baga, déjà évoquée ici ; un art dit « premier » qui a influencé de nombreux artistes du 20e siècle. Au début 1906, André Derain découvre ce qu’on appelle alors « l’art nègre » au British Museum. « Je fus obligé de sortir tellement j’avais les idées confuses devant tout cela », écrira-t-il à Henri Matisse. Rentré à Paris, Derain fait la connaissance de Picasso par l’intermédiaire de Guillaume Apollinaire. En 1907, l’artiste espagnol ira visiter, sur les conseils de Derain, le Musée d’ethnographie du Trocadéro à Paris et ses collections de ceux qu’il nomme « artistes africains » en plaçant leur création au même niveau que les arts européens. Selon son biographe attitré, Pierre Daix, ce serait à partir de ce moment-là que Picasso aurait commencé à acquérir masques et statuettes africains, et notamment un masque Nimba, en 1925, dont il s’inspirera pour exécuter plusieurs bustes.

Avec Picasso, ce sont aussi Braque, Brancusi, et Modigliani qui trouveront matière à créer un art abstrait, à partir des formes plus dépouillées de l’art africain…


Durant #Off2Africa, j’avais pour habitude de ne choisir qu’une photo par jour, une seule,
et de la partager, sans légende, via mon compte Instagram.
Celle du jour figure en haut de ce récit ; en voici d’autres…

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