#Off2Africa Jour 86 Bamako Mali

#Off2Africa Jour 86 Bamako Mali © GILLESDENIZOT

Dimanche 19 février 2017
À Bamako le samedi, c’est bal ! Le dimanche, c’est marché (et pneu crevé)…

J’ai le corps bien délié après la nuit de musique et de danse. Les Soirées Nomades de Bamako n’ont pas usurpé leur réputation. Cette ville bat d’une énergie formidable et contagieuse. Je dois m’y plonger et m’en imbiber. Je devrais y revenir aussi et explorer le reste du pays. Un jour sûrement, quand les fous de la charia auront disparu, j’irai jusqu’à Tombouctou en remontant le Niger en bateau…

Je revois le beau fleuve en traversant en moto le pont des Martyrs, qui relie les quartiers du nord de Bamako à ceux du sud. Inauguré en 1957 sous le nom de « pont de Badalabougou », alors que le Mali est une colonie française, il reçoit son nom actuel en mémoire des manifestants tués après les événements du 26 mars 1991.

L’histoire commence le 22 mars 1991, quand des milliers d’étudiants manifestent à Bamako. Le président de l’époque, Moussa Traoré (qui a participé au coup d’État du 19 novembre 1968 pour renverser le président Modibo Keïta), réplique par la force. Bilan : une centaine de morts, les fameux « martyrs » du pont. Quatre jours plus tard, Traoré est renversé par le lieutenant colonel Amadou Toumani Touré lors du coup d’État du 26 mars 1991, le Comité de transition pour le salut du peuple est instauré, et Traoré est emprisonné à la prison de Markala. En 1993, il est condamné à la peine de mort pour crimes de sang. Sa famille est également incarcérée, ainsi que son petit-fils de six ans qui purgera une peine de quatorze mois ! La défense de Traoré se résume à nier les crimes (« Je suis le responsable politique et moral de tout ce qui s’est passé au Mali du 19 novembre 1968, date de ma prise de pouvoir, jusqu’à mon renversement, le 26 mars 1991. Mais je ne suis coupable de rien. ») en se disant victime d’un complot politique orchestré par l’opposition et les socialistes français, qu’il qualifiera de « néocolonisateurs, des négriers contemporains ».

La peine de Traoré est tout d’abord commuée en prison à vie par le président Alpha Oumar Konaré en 1999, puis il est gracié en 2002. En revanche, il est condamné pour avoir détourné plus de 2 milliards de dollars d’argent public. Il n’y a pas de petits profits…

De l’autre côté du Niger se trouvent les gares routières. De grands panneaux annoncent les prix pour toutes les destinations. Quelques jours plus tard, je partirai en direction d’Abidjan ; ce sera le plus long trajet jamais envisagé au cours de mon périple : 24 heures de bus ! Mon billet en poche, je repasse le pont des Martyrs et… un pneu crève ! Parce que sans crevaison, même en pleine ville, ce ne serait pas l’Afrique ! Il faut imaginer le spectacle du toubab en tenue Baye Fall, et un grand rasta au bonnet tricolore en laine, qui se relaient pour pousser la moto en plein soleil jusqu’au garage le plus proche. Finalement, nous en trouverons un, pas si proche que ça d’ailleurs, et nous déposons la moto car le garagiste n’est pas là « mais il va venir… », ce qui nous laisse le temps d’aller manger. La Maison des Jeunes de Bamako est toute proche, il y a une cantine pour se restaurer et bon nombre d’artistes à rencontrer, comme sur la vidéo ci-dessous. L’ambiance est parfaite pour un dimanche à Bamako, toujours en musique.

L’immersion dans la vraie vie bamakaise se poursuit et je partage un thé préparé par les apprentis au garage. D’une main, ils surveillent le réchaud de fortune, tandis que de l’autre, ils rafistolent les pneus. La vie est belle, je sirote mon thé dans la chaleur de Bamako avant de poursuivre ma route jusqu’au Marché rose. J’y resterai jusqu’au soir !

Construit pendant la colonisation dans le plus pur style soudanais, il regorge de marchandises entre lesquelles le monde circule. Ravagé par des incendies en 1993 et en 2014, le plus grand centre commercial malien sera bientôt rénové par une entreprise turque, pour 37 millions de CFA. C’est un débordement de couleurs, de senteurs, d’impressions fortes qui semblent confirmer le diction « Ce que vous ne trouvez pas au Marché rose ne se vend pas au Mali »


Durant #Off2Africa, j’avais pour habitude de ne choisir qu’une photo par jour, une seule,
et de la partager, sans légende, via mon compte Instagram.
Celle du jour figure en haut de ce récit ; en voici d’autres…

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