#Off2Africa Jour 88 Sikasso Mali

#Off2Africa Jour 88 Sikasso Mali © GILLESDENIZOT

Mardi 21 février 2017
Le soleil se couche sur la terre ocre de la trans-sahélienne, comme pour occulter une vision cauchemardesque…

Dernières heures à Bamako avant d’embarquer pour plus de 1000 kilomètres jusqu’à Abidjan. Je retourne admirer le Niger et le salue une dernière fois en traversant le pont des Martyrs pour rejoindre la gare routière. Là, j’attends le bus, assis sur des tapis posés par terre, comme tous les autres voyageurs. L’appel à la prière résonne et les hommes se rendent à la petite mosquée du terminal avant d’embarquer.

À la sortie de Bamako, nous empruntons l’autoroute trans-sahélienne (rien que le nom fait rêver…) qui forme le corridor Dakar – N’Djamena en reliant le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria, le Cameroun et le Tchad. Le soleil se couche sur la terre ocre. C’est alors que je remarque que les champs sont couverts de sacs en plastique. C’est une vision cauchemardesque.

#Off2Africa Jour 88 Sikasso Mali © GILLESDENIZOT
#Off2Africa Jour 88 Sikasso Mali © GILLESDENIZOT

Pourtant, en 2012, le Mali vote une loi interdisant sur toute l’étendue du territoire national la production, l’importation et la commercialisation des sacs plastiques non biodégradables. Cette mesure devait entrer en vigueur en avril 2013. Manifestement, les photos que je prends depuis le bus, et que vous pouvez voir plus bas, prouvent qu’il reste beaucoup à faire pour sensibiliser la population à ce fléau écologique. D’autres pays africains ont adopté des dispositions similaires pour lutter contre les « sachets plastiques », comme on les nomme dans la région : le Bénin, le Kenya, le Sénégal, le Gabon, le Cameroun, le Togo, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Rwanda, le Maroc… Cependant, la population a besoin d’alternatives et le gouvernement doit fabriquer et vendre des sacs biodégradables. D’ici là, on pourra toujours se donner bonne conscience le 3 juillet, date de la journée mondiale sans plastique, en se souvenant que chaque sac met près de 400 ans à se décomposer…

Il fait déjà nuit quand nous atteignons Sikasso, à l’extrême sud du Mali. Véritable ville-carrefour située à 375 kilomètres de Bamako, elle est aussi à 100 kilomètres de la frontière de la Côte d’Ivoire, à 45 de celle du Burkina Faso. J’ai longuement hésité à visiter aussi ce pays si proche ; ce sera pour une prochaine fois…

Le bus s’immobilise le temps de s’approvisionner, de se dégourdir les jambes. J’ai rencontré un petit groupe de jeunes et j’offre le thé pour faire plus ample connaissance. Le marchand ambulant longe le bus avec son plateau, sa grosse théière et quelques petits verres. La boisson un peu amère réchauffe la nuit et nos discussions, puis nous repartons en direction de la frontière. Le passage de celle-ci, les multiples contrôles dans l’obscurité, les lampes-torches des soldats avec leurs chiens, nos sacs de voyage déchargés du bus et posés à terre, ouverts pour l’inspection, le bras de fer avec le médecin du poste sanitaire et son chantage au vaccin, le tête-à-tête avec un gradé, le chauffeur du bus et les passagers qui s’impatientent… vous lirez toute cette épopée demain, depuis Bouaké en Côte d’Ivoire…


Durant #Off2Africa, j’avais pour habitude de ne choisir qu’une photo par jour, une seule,
et de la partager, sans légende, via mon compte Instagram.
Celle du jour figure en haut de ce récit ; en voici d’autres…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.