#Off2Africa Jour 92 Abidjan Côte d’Ivoire

#Off2Africa Jour 92 Abidjan Côte d'Ivoire © GILLESDENIZOT

Samedi 25 février 2017
Après la nuit de Bamako, voici celle d’Abidjan qui bouge au rythme du coupé-décalé…

Samedi à Abidjan, allons vérifier s’il est vrai que la ville ne dort jamais. La vie nocturne est connue pour être l’une des plus animées d’Afrique. Comme j’arrive de Bamako, la barre est élevée. En bougeant d’un quartier à l’autre, il est indéniable qu’Abidjan, la ville la plus peuplée d’Afrique de l’Ouest, est bien différente de celles que j’ai déjà eu l’opportunité de visiter. Elle est fascinante de jour, mais à la nuit tombée elle devient envoûtante. Les lumières sur les îles et les lagunes lui donnent un air de Miami, les gratte-ciels du Plateau (le quartier des affaires) valident naturellement son surnom de « Manhattan des tropiques ».

Ce soir, je gaze (je sors, en langage du cru) ! Direction Treichville, Yopougon et d’autres coins où je me ferai conduire par une bande d’ambianceurs (« celui qui n’a pas son pareil pour faire la fête, mettre l’ambiance et d’une façon plus générale, se faire remarquer », explique le Petit Futé Côte d’Ivoire 2015). Nous passons d’un quartier à un autre en taxi, et d’un endroit de fête à un autre à pied ou en wôrô-wôrô. Les taxis de couleur orange dit «  taxis compteurs  » circulent dans toute la ville tandis que les wôrô-wôrô, à la couleur spécifique selon les communes (ils sont verts là où j’habite), ne roulent que dans le périmètre et en mode taxi collectif.

Nous faisons (pour mon plus grand plaisir) une halte dans un de ces maquis en plein air, les pieds dans le sable, les étoiles dans le ciel, de la musique, des gens qui font la fête et profitent de leur soirée de fin de semaine. Le maquis est une institution élevée au plus haut rang à Abidjan. Je vous en parlerai au jour 95.

Quoi de meilleur pour digérer les allocos que d’aller écumer les bars du coin ? Chacun, chacune est sur son trente-et-un, les formes sont généreuses, bien moulées dans des tissus chatoyants, les coiffures ont été travaillées pendant des heures avant de sortir, tout comme les maquillages. À Abidjan, on ne badine pas avec le style ! J’ai toujours aimé observer les gens dans la rue et là, je suis verni. Assis dans une petite rue aux multiples bars en plein air, je regarde déambuler les belles et les beaux. Cela s’apostrophe joyeusement dans de longues palabres ponctuées d’éclats de rire ou d’exclamations typiques « Èèèèh ! Aaaah ! ». J’ai même droit à une bonne bagarre de rue avec empoignades, menaces de mort, filles qui crient et garçons qui gonflent d’orgueil pour se donner courage.

Omniprésente et principale actrice des nuits d’enjaillement (s’amuser, un dérivé de l’anglais enjoy), la musique rugit et personne ne reste longtemps assis, même dans les bars de rue. Il y a d’abord le zouglou, « la musique urbaine typiquement abidjanaise. Né entre 1985 et 1990 dans les cités universitaires, ce genre musical dont le nom signifie « tas d’ordures » en baoulé, emblématise la révolte et la désillusion étudiante qui ont accompagné la fin de règne agitée de Félix Houphouët-Boigny. Elle se caractérise par des textes à l’ironie douce-amère et une tendance à l’autodérision plus qu’à la virulence. » Il y a aussi – et surtout – le fameux coupé-décalé, lui-même issu du zouglou. « Né hors des frontières ivoiriennes, ce genre musical (et de danse) est une musique « griotique », caractérisée par des atalakus (éloges chantés, pratique typique de la RDC, où les musiciens, reconvertis en animateurs, nommaient les personnalités dans leurs chansons pour leur rendre hommage). »

Je vous le disais, la plupart des nouvelles danses à la mode d’Abidjan sont directement issues des tubes coupé-décalé du moment : « les ambassadeurs de ce courant musical misent tout sur le look (mélange explosif de « west coast » mâtiné de dandysme ritalo-chic), l’ostentation et un déhanché suggestif confinant parfois à la transe. »

Oui, la nuit à Abidjan est vraiment un concentré d’ambiance et d’énergie. À l’étranger, les Ivoiriens ne disent-ils pas « On va ivoiriser le coin »…?


Durant #Off2Africa, j’avais pour habitude de ne choisir qu’une photo par jour, une seule,
et de la partager, sans légende, via mon compte Instagram.
Celle du jour figure en haut de ce récit ; en voici d’autres…

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