Silence © GILLESDENIZOT 2019
histoires silence

Silence NC20

Journal nocturne – Et quand le ciel se teinte de rose, ton visage s'y dissout, imperceptiblement…

Journal nocturne – Et quand le ciel se teinte de rose, ton visage s’y dissout, imperceptiblement…

et dont la page se tourne la nuit.

qui s’écrit le jour†

Un journal de l’éloignement


Notre vie continue mais de mon monde tu es absent.
En m’éloignant, je lance des fils vers le futur proche.
Mais je marche sans toi ; j’oublie déjà le son de tes pas.
Dans la maison que je construirai, tu ne viendras pas
et dans ma nuit, ton rire sera éteint.

Il me faut dès lors emprunter d’autres chemins pour éviter de revoir nos bancs d’amoureux, nos places ombragées, nos bords de quais. Il me faut remiser ces souvenirs et en créer d’autres, tracer une nouvelle carte du tendre et explorer des lieux que tu ne hantes pas. Et quand le ciel se teinte de rose, ton visage s’y dissout, imperceptiblement…

Je ne suis plus celui qui t’étreignait ; ta peau – que je caressais – n’existe plus, ni de près ni de loin. Où vont alors tous ces moments, le son des doigts qui courent le long du cou, le goût de l’être aimé ? Dans quels dédales s’égarent-ils ? Et puisque nos cellules se renouvellent, pourquoi celles qui survivent sont toujours celles qui détiennent notre plus douce mémoire ?

Aussi, je vais lâcher.

Je vais te laisser quitter mes pensées, mes réminiscences, mon cœur, ma vie. Bientôt, je ne serai qu’un souvenir (on ne peut blesser un souvenir), le manque se résorbera mais la cicatrice sera là (en passant les doigts dessus, je la sentirai, légère excroissance carmin). Je desserrerai ma paume et tu glisseras, le long des mes veines, simple goutte salée.

Dans un mouchoir je cacherai une feuille d’herbe, cueillie sur lsla de la Luna, vide de vie et sèche de chagrin. En la jetant dans l’eau brûlante, elle livrerait spontanément tout le goût suave de sa jeunesse. Mais je replierai les quatre coins et dans ce linceul tu reposeras.

Je crois que jamais plus je ne te reverrai. Sans rancœur mais sans espoir non plus, puisque tu es parti.

Un jour, tu rencontreras quelqu’un d’autre que moi (tu ne le connais pas mais je sais que de l’autre côté de mon détroit, il t’attend déjà), tu l’aimeras, il t’aimera en retour et tu accepteras son amour, tu seras heureux et je serai heureux pour toi, où que je sois, je serai heureux pour toi, mon cœur se sera arrêté de battre mais je serai heureux pour toi.

Gracias a la vida que me ha dado tanto
me ha dado la marcha de mis pies cansados
con ellos anduve ciudades y charcos
playas y desiertos, montañas y llanos
y la casa tuya, tu calle y tu patio

– Violeta Parra

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