#Back2Africa — Revoir Tanger…

C’était annoncé : après deux ans en Europe (et un concert à New York), j’ai reposé le pied en Afrique.


Dès que s’ouvrirent les frontières, après le très long confinement, je fermai la porte de la grande maison et quittai Tanger. #Back2Africa Revoir Tanger

#Back2Africa — Revoir Tanger…
#Back2Africa Revoir Tanger

Il me tardait de retrouver les gens et les lieux que j’ai aimés… Comme me l’a écrit la Mum’s : « Tu dois être trop heureux !!! » Oui, elle a raison et j’ai compilé une liste, sans être certain de pouvoir tout accomplir en une courte semaine sur place :

  • Aller voir un film à la Cinémathèque de Tanger (il y a justement la semaine du film ivoirien au programme), saluer les amis qui y travaillent encore, Sido, Ibrahim, celui au bonnet rouge et le vieux monsieur qui déchire les tickets d’entrée. Acheter un t-shirt à la boutique. Le porter lors d’une visite à la FilmoTeca de Barcelone
  • Commander un bol de soupe bissara et une assiette de pois chiches avec fif el khar dans mon boui-boui du Grand Socco, en espérant que le vieux monsieur soit encore vivant
  • M’empiffrer, un soir, au resto Saveurs de Poissons. (Me souvenir ensuite que je suis végétarien.)
  • Découvrir le Parcours Artistique Tanger 2022
  • Saucer les œufs au cumin avec beaucoup de khobs d makla
  • Boire un atei b n3an3a au Café Hafa, face au détroit, accompagné des cigares au fromage frais, si le gamin qui me les vendait y est toujours
  • En passant, saluer Youssef (s’il n’est pas à nouveau en prison, et, si c’est le cas, prendre des nouvelles de sa mère)
  • Surprendre Mohammed et philosopher avec lui sur sa terrasse, lui parler de mes études d’arabe littéraire, l’écouter me raconter sa vie, découvrir ses nouvelles toiles, lui dire que c’est probablement une chance de ne pas avoir l’argent pour m’acheter la petite maison qui me plait tant
  • Faire une promenade avec Ouassima, ma prof de darija, et partager un thé ensuite
  • Longer le cimetière, de nuit, vaguement discerner les chats et les ombres entre les tombes ; de l’autre côté de la rue, être hypnotisé par les étincelles qui éclairent brusquement les ateliers des ferronniers
  • Retourner saluer l’Institut Cervantes et ceux qui y travaillent encore, obtenir (enfin) mon certificat DELE, revoir la bibliothèque (et se faire surprendre par le gardien du soir, discuter avec lui jusqu’à ce que l’appel à la prière retentisse)
  • Faire une promenade à Merkala en pensant à Mercedes
  • Dire avec tendresse lqat! à tous les chats qui s’asseyent à côté de moi, leur demander s’ils ont des nouvelles de Coco
  • Manger des figues de barbarie au coin d’une rue (c’est la saison)
#Back2Africa Revoir Tanger
  • Aller au souk, revoir tous les marchands, acheter beaucoup d’épices, de la cannelle surtout, du poivre, du cumin et du mélange pour aromatiser le café
  • Passer devant l’ancienne maison de Mercedes, m’assoir en attendant qu’il soit sobre las cinco
  • Revoir les œuvres de José Tapiró, José Hernández et Antonio Fuentes à la Galería Cervantes et au Taller Tapiró
  • Passer des heures au hammam, me faire exfolier au savon beldi et gant de crin
  • Voir la nouvelle peinture murale en bas de la rue Siaghine, s’apercevoir qu’il n’y en a plus, que la paroi a été peinte en blanc, qu’on y a accroché deux ou trois pots de fleurs, que l’esplanade a été modifiée
  • Ne pas aller immédiatement dans la Kasbah
  • Continuer avec …qbel قبل, après …daba دابا  et …be3d بعد, la série d’histoires #InAfrica
  • Jouer au partchi sous les arbres du Café Hanafta, le vendredi soir, en fumant le kif
  • Visiter l’exposition Cône de lumière (Amina Benbouchta) à l’Institut français, (en profiter pour saluer Mohammed, mon ancien camarade de classe d’espagnol) et le long des grilles du Consulat général de France (maudits diplomatiques officiels), l’expo de photos Face à la mer
  • Regarder passer la foule depuis la terrasse du Café de Paris
  • M’offrir un livre aux Insolites (je ne verrai pas le vernissage de l’expo Youssef el Yedidi, mais j’en profiterai pour embrasser sa propriétaire)
  • Me gorger d’acir d litchin m3a skingber bla sukar tous les jours
  • Manger le seksou traditionnel (bla lhem) du vendredi avec un verre de lait caillé Chez Bashir (et, en guise de douceurs, une autre ration de figues de barbarie)
  • Parler en darija, le plus souvent possible
  • Tout faire pour ne pas me laisser séduire par le chant de la sirène Tanjah« Reviens, reviens t’installer… »

Et, si j’y parviens, de retour à Barcelone écrire quelques histoires #Back2Africa pour — comme disait la citation de Mira Bartoktransformer ces souvenirs…

#Back2Africa Revoir Tanger

Back2Africa Revoir Tanger