#HolaBCN Leçon de philo
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#HolaBCN — Leçon de philo

Les philosophes (se) posent des questions… et (parfois) élaborent des réponses


En étudiant Philosophy of Emotions et Prevenció i Promoció de la Salut Mental, je ne suis devenu ni philosophe ni psychologue, mais j’ai appris une bonne leçon… #HolaBCN Leçon de philo

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Tout commença par le premier travail écrit de séminaire sur les textes obligatoires : The Thing Called Emotion, par Aaron Ben-Ze’ev et The Rationality of Emotion, par Ronald De Sousa. (Je cite les auteurs pour donner du contexte, mais c’est surtout l’exercice de la lecture, de la réflexion, et de l’écriture qui nous occupe.) Il me fallut renouer avec les formats académiques, la présentation adéquate, la forme et le fond.

J’obtins la note de 8,5/10. La prof mentionna qu’il manquait un aspect dans mon analyse, ou tout au moins trop bref pour être valide. Soit. Le problème est que je reçus le corrigé du premier travail après avoir rédigé et soumis le second. Je n’avais pas de possibilité de savoir comment m’améliorer, et je rendis mon épreuve en pensant qu’elle serait d’un niveau moins bon que la précédente. Ajoutons qu’en classe, la prof fit une remarque sur la rédaction académique qui correspondait exactement au doute qui avait commencé à germer. Elle me regarda en parlant, je pris donc naturellement cela pour moi.

Le second travail, sur What is an Emotion?, de William James, et  Emotions as Judgements of Value and Importance, de Martha Nussbaum est soumis. Je participe de manière active au séminaire (rares sont les étudiants qui s’expriment, dans une langue ou une autre, sur un sujet qui les intéresse… c’est très étrange, mais ce n’est pas le but de ce billet). En me basant sur mon aisance en cours, j’aurais pu me convaincre que mes notes étaient bonnes. Toutefois, et c’est un exemple typique de prévention de santé mentale (en particulier dans le cadre universitaire), je me mis à penser que je n’avais pas (ou plus) le niveau académique pour rédiger ces travaux. Petit à petit, je perdis confiance, jusqu’à envisager de ne pas me présenter aux examens finaux.

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Arriva le troisième séminaire, je remis ma copie sur Hopelessly devoted to you / Irrational love de Berit Brogaard, The uses of anger, d’Audre Lorde, et A note on anger, de Marilyn Frye. Je n’avais toujours pas la note du second travail…

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Les leçons continuaient, en philosophie comme en littérature ; il devint nécessaire de choisir un thème pour les essais finaux. J’hésitais, je recherchais l’un ou l’autre sujet, j’envisageais des possibilités. Toujours, revenir à la ligne de départ et identifier une question à poser. Je me rendis compte que je n’avais aucune question à poser, aucune velléité d’expliquer ni de défendre des hypothèses. J’avais envie de me nourrir de connaissance, mais pas de raisonner, de démontrer. Pourquoi se confronter à l’épreuve de l’évaluation quand je ne souhaitais qu’apprendre ? Je commençais à me débattre avec l’idée du devoir à remplir, de la réussite et de l’excellence obligatoires.

Ce fut un véritable tourment. À mesure que le trimestre avançait, je notais que certains cas de santé mentale s’appliquaient à ma situation personnelle. Je me mis à réfléchir autant que possible… et à envisager de ne rien présenter en fin de trimestre. Je me sentais soulagé, puis revenait la petite voix… « Comment ? Tu baisses les bras ? » Et de reprendre les thématiques, les brouillons, de me convaincre que je devais non seulement produire des travaux de qualité, mais aussi qu’il était hors de question de ne pas obtenir d’excellentes notes. Le tourment, je le disais.

Finalement, je résolus de ne pas me présenter aux épreuves finales. La petite voix gronda, menaça, hurla… mais rien n’y fit, j’avais abandonné. De toute manière, mes notes allaient forcément être mauvaises, puisque j’avais commencé avec un 8,5/10 et que je n’avais pas pu m’améliorer tout seul. Spirale…

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Les notes des deux derniers travaux de philosophie arrivèrent peu avant le début du deuxième trimestre… 10/10 et 10/10 (ça fait un peu patinage artistique, non ?) Autant dire qu’à mesure que mon niveau augmentait, ma confiance en moi diminuait sans raison objective. J’aurais pu me convaincre d’être en possession des facultés nécessaires pour obtenir une excellente note, mais je me laissai ronger par le doute.

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Et la leçon, dans tout cela ? Préserver sa santé mentale et son estime de soi. Facile à écrire, moins à accomplir. En un mot et cinq syllabes :

RE-LA-TI-VI-SER.

Question subsidiaire (les philosophes en posent toujours…) :
Qui a bien pu m’empoisonner avec cette fallacieuse notion d’excellence ? 

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